Nombre d’ouvriers en chômage économique a plus que doublé depuis octobre

(12/03/2009)
  • En février, 21% des ouvriers ont eu en moyenne six jours de chômage économique
  • Les pourcentages augmentent plus ou moins dans la même proportion en Wallonie et en Flandre.
  • Plus de grandes entreprises que de PME

Entre octobre 2008 et février 2009, on a connu plus qu’un doublement du nombre d’ouvriers en chômage économique. En moyenne, ces ouvriers étaient également pour une plus longue période en chômage économique. Avant la crise, la moyenne mensuelle était de 6% d’ouvriers en chômage économique.  En octobre 2008,  le pourcentage est passé à 9%. Fin février 2009, il était de 21%. Ce qui veut dire qu’un ouvrier sur cinq était chômeur économique en février. Ces ouvriers ont été chômeurs en moyenne six jours en février. Normalement, les ouvriers sont en moyenne en chômage économique quatre à cinq jours par mois. L’entreprise de consultance RH SD Worx tire ces conclusions sur base d’une enquête auprès de 8955 entreprises, occupant au total 171.585 ouvriers.

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Le chômage économique est une forme spécifique de chômage temporaire. L’employeur peut décider de suspendre l’exécution du contrat de travail lorsqu’il n’a pas assez de travail pour ses ouvriers. Il existe six sous-catégories de chômage temporaire: chômage intempéries, vacances annuelles, problèmes techniques, grève, force majeure et chômage économique. Le manque de travail pour raisons économiques peut se présenter en cas de diminution de la production en raison de facteurs économiques, par exemple lorsque la demande diminue. Le chômage économique ne peut pour l’instant être invoqué que pour les ouvriers, pas pour les employés.

SD Worx a analysé l’évolution du chômage économique depuis janvier 2007. Remarque importante, on connaît toute l’année du chômage économique. En général, le pourcentage d’ouvriers en chômage économique varie entre 4% et 8%, avec une moyenne de 6% pour les deux dernières années. L’évolution du chômage économique suit celle du chômage intempéries et suit un cycle annuel typique : élevé durant les mois d’hiver, bas durant les mois d’été.

La part du chômage économique dans le total du chômage temporaire est grande (en moyenne 76%), mais diminue lorsque la part du chômage intempéries (17% en moyenne) augmente. De par un hiver rude, la part du chômage intempéries est passée à 29% en janvier 2009. La part de chômage économique était alors de 69%. La situation était tout à fait différente en février. La part chômage intempéries dans le chômage temporaire était passée à 14%, alors que la part chômage économique avait augmenté à 84%.

Sur un délai très court, entre octobre 2008 et février 2009, on a connu plus qu’un doublement du nombre d’ouvriers en chômage économique (+120%).  En moyenne, ces ouvriers ont aussi été plus longtemps en chômage économique. Le total du nombre de jours de chômage économique augmenta de 140% durant cette période. En général, les ouvriers en chômage économique sont en moyenne chômeurs quatre à cinq jours par mois. En février, la moyenne était de six jours. 

Le chômage économique se laisse encore calculer d’une autre manière. A savoir en faisant le rapport entre le nombre de jours de chômage économique et le nombre total de jours de travail dans une année (= 220, y compris jours de vacances, sans heures supplémentaires). Sous cet angle, il est question d’un triplement du chômage économique entre octobre 2008 (2,22%) et février 2009 (6,2%).

Pourcentages chômage économique et intempéries


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La hausse du pourcentage de chômage économique est environ aussi élevée en Wallonie qu’en Flandre. Dans les deux régions, le chômage économique a triplé entre octobre 2008 et février 2009. Le pourcentage en février est plus élevé en Wallonie, mais il ne bat pas les records des provinces du Limbourg (11%) et de la Flandre Occidentale (10%).

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En règle générale, les PME font plus appel au régime du chômage économique que les grandes entreprises.

Avant la crise, le top 3 des entreprises utilisant le régime du chômage économique, classé selon la taille de l’entreprise, se présentait de la manière suivante:

Entreprises selon taille   Pourcentage chômage économique
< 20 travailleurs   1,84%
50 - 99 travailleurs   1,63%
500 - 999 travailleurs   1,56%

Le chômage apparaissait donc surtout dans les plus petites PME.
Mais après la crise :

Entreprises selon taille   Pourcentage chômage économique
500 - 999 travailleurs   5,69%
100 - 249 travailleurs.   4,29%
>= 1000 travailleurs   3,94%

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Le rapport entre les PME et les GE vient de s’inverser par la crise: relativement plus de grandes entreprises utilisent le chômage économique comme alternative au licenciement. Elles ont eu un recours massif à l’instrument du chômage économique pour ne pas devoir licencier des ouvriers. De bonnes forces de travail et qualifiées étaient déjà rares avant la crise, cette situation ne va pas s’améliorer dans le futur. Pour conserver ses talents, le chômage économique offre donc provisoirement une solution.

Plus d'information:
Jean-Luc Vannieuwenhuyse ,
tél. +32 (0)3 220 22 93 of +32 (0)476 20 25 79