Le travail flexible selon Siemens.
Roland De Coninck occupe le poste de corporate mobility manager chez Siemens. Cette fonction a spécialement été créée pour lui en 2002 lorsqu'on lui a demandé s'il pouvait faire de Siemens une société orientée au maximum sur la flexibilité et la mobilité de ses collaborateurs.
“A l'approche de la fin du siècle, il existait une importante demande en collaborateurs IT. En effet, plusieurs personnes avaient quitté notre entreprise, malgré les primes de rétention intéressantes que nous leur proposions. Les entretiens de départ avaient fait ressortir que ceux de nos collaborateurs IT qui faisaient défection pour un autre employeur ne le faisaient pas à cause des primes ou autres avantages, mais pour des considérations de flexibilité et d'équilibre travail/vie privée. Nous avons dès lors décidé d'adapter notre politique.”
Le télétravail D'après M. De Coninck, le télétravail a été stimulé, mais surtout structuré chez Siemens. Le processus s'est déroulé petit à petit, en rémunérant en fonction des résultats obtenus et non en fonction des heures prestées. La plupart des collaborateurs de Siemens travaillent désormais en étant orienté tâche et résultat.
Cette autre approche nécessite un changement profond du style de gestion, explique M. De Coninck: “Le télétravail n'est pas synonyme d'anarchie. Le style de gestion est l'un des facteurs auquel nous avons le plus travaillé et formé. Mais cela n'a aucun sens d'imposer le travail flexible d'en haut à tout le monde: le cadre est le même pour tout le monde, mais nous laissons à la ligne hiérarchique la liberté de décider quels éléments du travail flexible ils souhaitent appliquer. Cela dépend non seulement de la nature de la fonction, mais aussi du collaborateur individuel. Vous devez par exemple pouvoir vous orienter sur le serveur et vous devez bien maîtriser l'ensemble des logiciels pour le travail à distance.
Il vaut mieux travailler en groupe pendant un temps de façon à ce que vous puissiez former un réseau. Si vous êtes seul chez vous, il est important de savoir à quelle personne vous pouvez vous adresser pour une question précise et d'être au fait de la culture de l'entreprise. Vous ne pouvez pas non plus isoler les travailleurs. C'est pourquoi nous demandons à chacun de travailler au moins 24 heures par semaine au bureau.”
Dynamic office En 2004, les bureaux de Siemens ont entièrement été répartis selon le principe du 'dynamic office'. Cette expression ronflante signifie que tout collaborateur d'un département peut s'installer avec son ordinateur portable là où il le souhaite en fonction de son planning de la journée. On retrouve ainsi des bureaux individuels en paysage et des espaces de bureau fermés, ainsi que de grandes tables rondes avec toute une série de prises de courant et des coins salon insonorisés. M. De Coninck: “Nous travaillons dans le bâtiment entier avec des postes flexibles. Nous avons actuellement un poste de travail pour 1,3 collaborateurs, en partant du fait que tout le monde doit pouvoir trouver un endroit aux moments de pointe. L'espace n'est plus organisé sur base de l'organigramme ou du statut, mais en fonction des activités.
Il n'existe aucune règle d'or pour l'implémentation de la flexibilité, selon M. De Coninck. Cependant, il insiste sur l'importance d'une attention maintenue à la politique de flexibilité: “Le 'truc' est qu'il ne faut pas vouloir trop changer en une fois. Nous avons instauré le travail mobile et flexible en 2002 et c'est une chose qui nous occupe encore chaque jour. Deux personnes par étage occupent la fonction de 'floor stewards'. Elles font en sorte que personnes n''oublie' que nous appliquons les principes du travail mobile et flexible. Il est important de veiller à ce que l'on ne retombe pas dans les anciennes habitudes, que l'on continue à tenir l'agenda Outlook, à partager les documents sur les serveurs, à signaler quel téléphone on utilise et à ranger les postes de travail en fin de journée. Cette mentalité fera finalement partie de la culture d'entreprise.”
Extrait d'une interview de Roland De Coninck, corporate mobility manager chez Siemens. Lisez l'article dans son intégralité. (pdf) |